Les métiers de la transition écologique et solidaire
Encadrement technique en ressourcerie
Un métier qui associe humain et technique au service des personnes en chômage de longue durée et de la réduction des déchets
Autres mots clés possibles
Coordinateur/Coordinatrice de recyclerie | Encadrant/Encadrante technique, pédagogique et social | Encadrement technique en ACI (Atelier Chantier d’Insertion)
Études nécessaires
- Bac + 2 minimum
- Expérience en gestion d’équipe ou coordination
- La plupart des offres exigent le permis B
Compétences clés
- Coordination d’équipe
- Capacité d’adaptation et polyvalence
- Pédagogie et formation
- Capacités relationnelles, écoute et empathie
- Bonnes capacités d’organisation, logistique
- Travail en équipe
Particularités
Un poste qui allie gestion technique et organisationnelle de la ressourcerie avec le management et l’accompagnement des personnes salariées en insertion.
Salaire moyen brut (CDI à 35h)
De1900€
À2500€
Volume d’offres sur un bassin d’emploi*
*espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent (Insee)
Plus d’une cinquantaine par an
Les ressourceries en ACI (pour Ateliers et Chantiers d’Insertion) sont des lieux dans lesquels des personnes aux parcours de vie difficile, en souffrance ou en chômage de longue durée reprennent confiance en elles et apprennent ou réapprennent des compétences professionnelles, au service d’une cause écologique : le réemploi, la seconde main et la réduction de déchets.
L’encadrement technique en ressourcerie : késako ?
Leur mission ?
La personne encadrante technique en ressourcerie est chargée de deux types de mission :
- gérer en pratique la ressourcerie, avec toutes ses dimensions de la collecte à la vente
- encadrer une équipe de personnes en insertion
Pour le côté pratique, les missions sont nombreuses : organisation des collectes et accompagnement des personnes, management d’équipe, si besoin, supervision et organisation du tri, du nettoyage et du reconditionnement des objets, gestion du stock, de la boutique, logistique et organisation de la logistique dans le respect des besoins et compétences des personnes…
Côté humain, à la gestion « classique » d’une équipe s’ajoutent des spécificités liées au métier : pédagogie, rappel du cadre et des consignes, gestion de conflits, prise en compte des freins et difficultés mais aussi des envies et compétences de chaque personne. En lien avec le ou la CIP, pour conseillère en insertion professionnelle, la personne encadrante accompagne également les personnes dans leur parcours d’insertion.
À cela peuvent s’ajouter des missions plus administratives suivant la dimension de la structure et la diversité des autres postes supports (coordination, direction, coordination administrative…) : recherches de partenariat et démarchage commercial, recherche et rédaction de dossier de subvention, gestion administrative et des ressources humaines…
Quelques points de vigilance sur ce métier
- Le management des personnes en insertion professionnelle peut être difficile. Il faut avoir une certaine expérience et, comme le partage Sarah dans son entretien, les « reins solides et la tête froide » pour ne pas être déstabilisé et pouvoir gérer les situations de conflit et les différentes difficultés rencontrées par les personnes accompagnées.
- Au-delà des missions techniques et d’encadrement d’équipe, il est possible d’avoir des missions commerciales, de recherches de subventions, etc. Il faut donc être polyvalent !
Animation Mobilité vélo : témoignage et retour d’expérience
Boutique de jouets réemployés et reconditionnés au plein centre ville de Chambéry, La Toupie est un atelier chantier d’insertion qui associe travail et accompagnement de son équipe de salariées en insertion, des femmes exclusivement, et une dynamique bénévole au service d’un monde plus solidaire et plus écologique. Rencontre avec Sarah, co-directrice.
Sarah Desmurs,
Co-directrice de La Toupie
Propos recueillis par Alice Roure
Quel est ton parcours (études et pro) ?
J’ai une formation initiale d’infirmière. J’ai travaillé environ trois ans en cancérologie à Lyon. En parallèle, je me suis engagée bénévolement dans Mouvement de palier, une association qui accompagne les envies d’agir autour de la réduction des déchets en mobilisant des citoyennes et citoyens dans leurs immeubles, voisinage, quartier. J’ai aussi eu une prise de conscience écologique, notamment en lisant le livre de Pablo Servigne, et je me suis questionnée : n’avais-je pas mieux à apporter, ou autre chose ? J’avais besoin d’un métier à la fois avec une meilleure qualité de travail et dans lequel je pourrais me sentir plus utile. J’ai alors fait une année de césure, en 2018, alliant un petit boulot et un engagement plus important à Mouvement de palier. J’ai participé à créer mon poste, d’abord de gestion de projets pendant un an et demi environ, puis de coordination générale pendant un peu plus de deux ans. Dans ce cadre, deux expériences ont été fondamentales pour moi : l’animation de collectifs dans des quartiers prioritaires et ma participation au lancement du Quartier zéro déchet Lyon 9-Valmy. En parallèle, j’ai aussi eu d’autres expériences, notamment bénévoles : accompagnatrice dans la Pépinière d’Anciela, à l’Institut Transitions et co-présidente de la Maison de l’Environnement de la Métropole de Lyon. En 2023, je suis retournée en Savoie pour me rapprocher de ma famille et, comme je ne connaissais pas les associations chambériennes, j’ai repris mon ancien métier. J’ai été huit mois directrice de crèche, mais ça m’a vacciné ! À côté, je me suis engagée dans la vie associative, puis j’ai trouvé mon poste d’encadrement technique à La Toupie. Depuis février 2026, suite à une réorganisation, j’en suis devenue co-directrice.
Peux-tu présenter La Toupie ?
La Toupie est une association et un Atelier Chantier d’Insertion, qui travaille sur deux enjeux. Le premier enjeu écologique est la réduction du gaspillage des jouets. Nous collectons, trions, nettoyons, valorisons et revendons des jeux, jouets et livres jeunesse. Le second enjeu est humain, il s’agit d’accompagner des personnes au retour à l’emploi. Plus récemment, nous avons revu notre organisation, ce qui nous permet de travailler sur un nouvel enjeu de travail en collectif, en choisissant d’impliquer plus de bénévoles et de prendre des décisions collectivement. Nous avons une boutique et deux ateliers dans le centre-ville de Chambéry, dont l’un a ouvert très récemment. Nous sommes une petite structure, qui accompagne entre cinq et sept personnes à la fois, très majoritairement des femmes, dans le cadre de contrats de six mois renouvelables pour deux années au maximum. L’association compte une conseillère en insertion, qui travaille avec nous un jour par semaine, une personne en alternance sur des missions transversales et nous sommes deux co-directeurs et directrices. Ensemble, nous nous partageons les missions de coordination et celles d’encadrement de l’équipe. Enfin, depuis septembre dernier, nous sommes dans une nouvelle dynamique bénévole : le conseil d’administration compte trois personnes en co-présidence et nous avons ouvert le bénévolat. Des femmes du quartier principalement, dont plusieurs sont retraitées, participent au tri des jouets avec l’équipe ou tiennent la boutique le week-end.
À quoi ressemble une journée type ?
Je vais parler d’une semaine type, car mes journées sont différentes selon que je me consacre plus à mes missions d’encadrement ou de co-direction. Le travail est aussi très saisonnier, avec les fêtes de fin d’année. Le mardi, avec mon collègue co-directeur, on commence par préparer puis animer une réunion d’équipe durant laquelle on prépare la semaine. Puis j’enchaîne avec plusieurs réunions sur des sujets divers, comme les ressources humaines, des entretiens managériaux, une réunion de coordination (demandes de partenariat, de subvention). J’essaye aussi toujours d’aller voir l’équipe a minima une fois le matin, une fois l’après-midi. Le mercredi, je suis seule avec l’équipe, je passe plus de temps sur le terrain, pour faire avec, montrer, expliquer. J’ai aussi des plages de travail pendant lesquelles je peux rédiger un dossier de subvention, faire un travail de recherche de partenaires. Je peux aussi partir en collecte, en accompagnant l’équipe en vélo-cargo, ou seule en voiture. Je dois aussi organiser et concevoir une logistique adaptée à chaque personne, selon leurs besoins et contraintes. Le jeudi est une journée axée sur l’insertion, avec la présence de notre conseillère en insertion professionnelle. Je lui partage des éléments relatifs au parcours des salariées, qu’elle ne voit pas en n’étant pas là sur le terrain. La moitié de l’équipe est en rendez-vous avec elle. C’est aussi un temps dédié à les accompagner dans leurs démarches professionnelles ou personnelles qui impactent le pro. J’ai aussi des réunions de travail avec mon co-directeur. Et enfin, le vendredi se déroule comme le mercredi. Durant ces deux journées, je consacre désormais du temps à l’animation de l’équipe bénévole : réunion, accueil de nouveaux bénévoles…
Quel est le sens de ce métier pour toi ?
Encadrante technique, c’est le poste parfait pour moi, dans le sens où il allie le côté prévention des déchets, avec des solutions techniques, concrètes et matérielles, et le côté social avec l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. J’aime aussi son aspect symbolique, car offrir un jouet de seconde main est un geste fort, plus que d’acheter de la seconde main pour soi.
Qu’est-ce qui te plaît le plus ?
La Toupie est une boutique de centre-ville, on a donc beaucoup de personnes qui y viennent sans être écolo, des touristes, des personnes qui se promènent en ville et entrent dans le magasin. C’est très transformateur, c’est super ! Comme on est spécialisés sur les jouets, avec du réemploi et du reconditionnement de qualité, on a aussi des gens qui font des kilomètres pour nous apporter des jeux. Je me rappelle d’un monsieur qui était venu en train depuis Albertville avec sa caisse de jouets ! J’aime aussi beaucoup l’aspect humain, la diversité des parcours. On entend de plus en plus de discours tellement clivants sur les personnes migrantes, en insertion, etc. Les personnes de l’équipe ont des parcours de vie extraordinaires ! Humainement, c’est tellement riche, j’apprends autant que je transmets. J’aime redonner aux femmes avec qui je travaille confiance en elles et dans le monde du travail. Par exemple, chaque personne de l’équipe peut proposer ou accepter une mission spéciale pour laquelle elle devient référente, en fonction de son projet professionnel ou de ses freins à l’emploi. Une personne très timide a ainsi souhaité devenir responsable d’accueil des stagiaires. Une autre est chargée de faire des vidéos de communication. Et c’est un grand succès ! Enfin, l’aspect collectif me plaît beaucoup. Je vois une richesse extraordinaire depuis qu’on accueille des bénévoles, avec un aspect intergénérationnel et ancré dans le quartier.
Et le moins ?
Le modèle économique. On reçoit beaucoup de dons, mais il faut trouver des débouchés. La loi AGEC oblige les collectivités à intégrer 5 % de jouets issus du réemploi dans leurs achats, mais pour autant, ça se met doucement en place. Il y a donc un gros travail de plaidoyer et de démarchage à faire. Cela ne me déplaît pas foncièrement, mais dans un monde idéal, j’aimerais que ce ne soit pas porté uniquement par les associations. En tant qu’atelier chantier d’insertion, on est également dépendants de subventions, qu’il faut aller chercher. C’est long, chronophage et incertain, surtout dans le monde actuel et d’autant plus qu’on fait notre chiffre d’affaires en fin d’année. C’est un équilibre précaire, donc lourd à porter… C’est pourquoi on a choisi de passer en co-direction.
Un conseil pour une personne qui voudrait se lancer ?
Pour l’aspect encadrement d’équipe, il me semble important d’avoir un peu « d’expérience de vie ». On peut être jeune, ce n’est pas un souci, mais il faut avoir vécu des choses collectivement ou avoir eu des responsabilités. Avoir été confronté à des difficultés donne la confiance en soi nécessaire pour ne pas être déstabilisé à chaque conflit. Les personnes de l’équipe peuvent être en souffrance. Dans les moments difficiles, elles peuvent rechercher un exutoire, et ça peut être le manager… Il faut avoir les reins solides, la tête froide et une empathie sans complaisance pour que la situation n’influe pas sur sa posture professionnelle.
Après Nouvelles Voies, ils ou elles font ce métier
Kasia MEYER
D’assistante administrative et comptable à coordinatrice de jardins partagés au sein de la Régie de quartiers EUREQUA et animatrice de la Fresque de la biodiversité
Baptiste DURAND
De directeur de projets en assistance à maîtrise d’ouvrage bâtiments au sein d’un grand groupe de la construction à chargé du développement du réemploi à 100 Détours et La Fabrique ainsi que facilitateur Menuiserie-travaux à SPActions
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