Les métiers de la transition écologique et solidaire

Animateur/Animatrice mobilité à vélo

Un métier pour accompagner celles et ceux qui veulent se mettre en selle

Autres mots clés possibles
Moniteur/Monitrice vélo mobilité | Éducateur/Éducatrice mobilité vélo | Animateur/Animatrice vélo-école

Études nécessaires

  • CQP Animateur/animatrice Mobilité Vélo
  • BPJEPS APT (avec option « cyclisme » ou « VTT ») / BPJEPS mention « activités du cyclisme »
  • DEJEPS cyclisme ou VTT
  • Licence STAPS option « activités du cyclisme »

Compétences clés

  • Animation d’atelier et d’activité
  • Adaptation à la diversité des publics
  • Pédagogie active
  • Appétence pour le travail de terrain et à l’extérieur
  • Communication, écoute et empathie
  • Autonomie et sens de l’organisation

Particularités

L’éducation à la mobilité à vélo est un métier gratifiant, avec des résultats concrets et un public heureux d’apprendre.

Il peut être redondant et parfois éprouvant physiquement.

Salaire moyen brut (CDI à 35h)

De1850€

À2200€

Volume d’offres sur un bassin d’emploi*

*espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent (Insee)

Plus d’une dizaine par an

DESCRIPTION
Le vélo est la star des modes de mobilité active et écologique. Son apprentissage n’est cependant pas acquis par toutes et tous, et la confiance peut se perdre quand on n’a pas pratiqué depuis longtemps. Afin de généraliser son usage dans nos villes et nos campagnes, il existe un enjeu à démocratiser sa pratique auprès de publics divers, et son usage pour tous les déplacements, en particulier du quotidien.

Animateur/Animatrice mobilité à vélo : késako ?

Leur mission ?

L’animateur ou animatrice vélo forme, en théorie et en pratique, celles et ceux qui souhaitent se mettre au vélo ou s’améliorer. L’éducation à la mobilité recoupe un apprentissage du vélo pour des jeunes ou des moins jeunes, mais aussi de la circulation en ville dans le respect du code de la route, en cohabitation avec les autres usagers et en sécurité. La personne animatrice vélo sensibilise également à la pratique cycliste. Elle peut intervenir dans le cadre d’animation sur divers sujets comme le choix d’un vélo, son entretien, comment bien le sécuriser ou comment s’équiper.

Quelques points de vigilance sur ce métier

  • Les animations ont évidemment lieu en extérieur, il est indispensable d’aimer être dehors par tous les temps : soleil, pluie, froid et/ou vent.
  • Dans ce métier, en plus d’aimer transmettre la pratique du vélo, il faut être à l’aise, ouvert et aimer être en contact avec des publics différents, qui affrontent parfois des peurs ou des blocages.
  • Les niveaux de rémunération, particulièrement à l’embauche, sont peu élevés.

Animation Mobilité vélo : témoignage et retour d’expérience

Dédiée à accompagner et encourager la mobilité à vélo pour toutes et tous dans la métropole de Lyon, la Maison du Vélo Lyon métropole rassemble plusieurs métiers autour du vélo, de son apprentissage et de sa promotion auprès de nombreux publics : enfants et jeunes, familles, personnes en insertion ou salariées en entreprise. Rencontre avec Isabelle, animatrice mobilité.

Animateur animatrice mobilité vélo fiche métier

Isabelle BÈQUE,
Éducatrice Mobilité vélo à la Maison du Vélo Lyon métropole

Propos recueillis par Alice Roure

Quel est ton parcours (études et pro) ?

J’ai une formation de documentaliste en entreprise, profession que j’ai exercée pendant 20 ans. J’en avais marre d’être enfermée dans un bureau, devant un écran et seule. J’ai donc eu envie de me reconvertir ! Je me déplace à vélo tout le temps et j’ai entendu parler du Certificat de Qualification Professionnelle Animateur Mobilité à Vélo, qui avait été créé quelques années auparavant. Je l’ai suivie à l’Institut de Formation du Vélo, à Voiron en 2020. En parallèle, j’étais déjà bénévole à la Maison du Vélo Lyon Métropole, notamment sur la vélo-école. J’y ai donc fait mon stage puis ai été embauchée !

Peux-tu présenter La Maison du Vélo ?

La Maison du Vélo est une association qui a fêté récemment ses 22 ans. Notre activité principale : mettre le plus de gens possible sur des vélos, quel que soit leur âge. On le fait déjà à travers la vélo-école, pour les enfants comme les adultes, femmes et hommes. L’association intervient dans les écoles (en périscolaire), en centres aérés, dans les collèges. On intervient aussi auprès de ceux qui se déplacent déjà à vélo. On propose également des formations théoriques en entreprise, comme « partage de la rue », « le code vu du guidon », qui présente le code de la route pour les cyclistes et ceux qui utilisent un engin de déplacement personnel motorisé, ou des animations comme « au boulot j’y vais à vélo » pour inciter au vélo-taff. C’est l’occasion de parler aussi équipement, entretien du vélo, etc.

À quoi ressemble ton quotidien ?

Mon quotidien, c’est de donner des cours de vélo à des adultes. Je le fais d’abord auprès de personnes qui n’en ont jamais fait, principalement au parc de la Tête d’Or, pour des groupes d’une dizaine de personnes. On commence en draisienne, pour comprendre l’équilibre et débloquer la peur de la vitesse. J’anime aussi des parcours en circulation, avec six personnes au maximum, par exemple autour d’entreprises dans lesquelles j’interviens. Je forme également des personnes en situation de précarité, éloignées de l’emploi ou en insertion, dans le cadre de la Vélo-École sociale. Le vélo permet de lever la barrière de la mobilité dans leur recherche d’emploi. C’est aussi un prétexte pour apprendre à se déplacer, suivre des directives, gagner en autonomie et en liberté.

Quel est le sens de ce métier pour toi ?

Accompagner les personnes à devenir autonomes. Pour moi, le vélo c’est ça : l’autonomie, la liberté et le plaisir. J’aime montrer qu’avec un vélo, on peut aller partout, se déplacer au quotidien, prendre le train, partir en vacances…

Qu’est ce qui te plait le plus ?

Mon métier est concret, je vois tout de suite les résultats. Quand je suis avec des adultes qui pensent « le vélo ce n’est pas pour moi », c’est chouette de voir leur sourire quand ils commencent à pédaler. Ce qui est sympa dans les groupes d’adultes, c’est que lorsqu’une personne y arrive, tout le reste du groupe applaudit, il y a une super émulation, ça fait du bien (rires) ! J’aime voir les gens heureux, qui me remercient, et qui parviennent à accomplir leur objectif.

Et le moins ?

Le manque de moyens humains et financiers et certaines décisions politiques qui ne sont pas en faveur des mobilités douces. C’est frustrant d’apprendre à quelqu’un à faire du vélo, mais qu’il n’ait pas les moyens ensuite d’en acquérir un. Il existe des programmes, comme Vélo-Égaux, dans le cadre desquels les participants reçoivent un vélo, mais ce n’est pas toujours (et pas assez) le cas.

Comment vois-tu les évolutions de ce métier ?

Je ne sais pas, car on est en partie tributaire de la politique. Après le Covid, il y a eu une prise de conscience, le plan vélo, mais aujourd’hui, tout a été stoppé. Hors agglomération, il y a besoin d’animateurs et animatrices vélo, je pense donc qu’il faut aller voir les communautés de communes en milieu rural !

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