Faut-il déserter ?

4 questions à se poser pour savoir si on doit quitter son job

Alors que la vidéo des déserteurs d’AgroParisTech marque les esprits, la question de savoir si on reste ou si on quitte son travail pour être utile face aux grands défis écologiques de notre époque se pose plus que jamais. 

Ainsi, lorsqu’on commence à prendre conscience des enjeux écologiques et solidaires que notre société rencontre, il arrive presque toujours le moment où on se demande : qui doit agir ? Qui doit changer ? Qui a le pouvoir d’inverser la courbe du changement climatique qui ne cesse de grimper et celle de la biodiversité qui s’effondre… S’il n’y a pas de réponse unique, une chose est sûre : chacun et chacune a le pouvoir (et le devoir) d’agir ! 

De là, une nouvelle question : agir, oui, mais où ? Dans notre structure employeuse actuelle pour qu’elle change ? Dans une structure porteuse de solutions pour y apporter notre énergie ? Comme bénévole dans des associations qui agissent pour la transition ? En montant sa propre initiative entrepreneuriale ? Tout est possible, mais tout n’est pas toujours pertinent… et cela dépend de chaque situation ! 

Cet article vous propose de vous poser 4 questions pour vous permettre de savoir (et de décider !) si vous devez rester dans votre structure pour vous engager dans son évolution ou si vous devez en partir pour mettre votre énergie et vos compétences ailleurs afin qu’elles soient (vraiment) utiles à la transition écologique et solidaire. 

Mode d’emploi

À chacune des questions, si vous répondez positivement, alors vous continuez la lecture de cet article avec nous. Si vous répondez négativement, vous quittez le paquebot pour rejoindre une alternative de la transition ou une structure en évolution où vous serez (réellement) utile pour construire une société écologique et solidaire. Bonne lecture !

1. Ma structure a-t-elle sa place dans la société de demain ?

C’est la toute première question à se poser. On entend souvent que c’est dans les entreprises (et dans les institutions publiques) que cela doit changer parce que « c’est elles qui ont le pouvoir ». Si ce n’est pas faux que les entreprises actuelles ont le pouvoir aujourd’hui, ce n’est pas tout à fait certain qu’elles auront le pouvoir demain. Ainsi, si certaines n’auront pas (ou peu) à évoluer, d’autres devront changer significativement et d’autres vont simplement… disparaître ! Impossible ? Utopique ? Extrême ? Non, c’est un simple phénomène historique bien connu des économistes. 

L’histoire de notre économie nous enseigne que les évolutions économiques fondamentales comme les différentes révolutions industrielles du XIXe et XXe siècle, la mondialisation ou encore la révolution du numérique se sont toutes traduites par des disparitions d’entreprises et une émergence de nouvelles structures adaptées aux défis de leur époque. C’est la célèbre destruction créatrice de Joseph Aloïs Schumpeter. Or, cette transition écologique que nous connaissons correspond à une de ces grandes évolutions fondamentales de notre civilisation humaine ! 

Alors, pour nous qui ne sommes pas des économistes prophètes, comment savoir quelles structures vont (sur)vivre ou disparaître à ce virage de notre société ? Là, force est de reconnaître qu’il est impossible de le dire avec certitude ! La question qu’on doit se poser plutôt c’est, face aux défis de notre époque, quelles entreprises souhaitons-nous voir perdurer ou, au contraire, voir disparaître

Et maintenant, comment savoir – personnellement – si notre structure a une place dans la société de demain ? Il suffit alors de se poser une question toute simple : est-ce que, d’après nous, il existe des alternatives plus pertinentes (plus écologiques, plus solidaires, plus efficaces face aux défis actuels…) que ce que propose notre structure ? En d’autres termes, est-ce que si notre structure disparaît, des structures meilleures existent déjà et grandiront pour répondre présent face aux enjeux ? 

Concrètement, si vous travaillez dans une entreprise d’agro-alimentaire classique (même un peu bio) : vous n’hésiterez peut-être pas très longtemps car il existe des alternatives écologiques et solidaires qui marchent et qui ne demandent qu’à grandir grâce à votre aide ! 

Si oui,

alors c’est le moment de préparer ses valises pour aller mettre son énergie dans les structures qui aujourd’hui fabriquent les solutions pour le monde de demain ! 

Si non,

c’est que ma structure va devoir évoluer, s’adapter, progresser, changer, pour être en capacité de répondre aux défis de notre époque. Pour certaines, ce sera un immense changement, pour d’autres, quelques ajustements seront nécessaires. 

2. Mon entreprise peut-elle réellement changer ?

Passons maintenant de la théorie à la pratique… En théorie, ma structure pourrait (ou en tout cas doit) être pertinente et adaptée aux enjeux du XXIe siècle, cependant, est-ce qu’elle peut réussir à changer ? Est-ce que ses dirigeants et dirigeantes sauront prendre les décisions nécessaires ? Est-ce que la structure a les ressources, les forces et les compétences pour y arriver ? Est-ce que les clients et les partenaires suivront ?

Il n’y a que vous qui pouvez répondre à cette question. Par contre, la science économique nous apprend que plus une structure est ancienne et étendue, plus elle a de chance d’avoir une inertie importante. Il n’est, ainsi, pas surprenant qu’il soit plus facile pour une petite entreprise d’évoluer et de changer de modèle que pour une entreprise multinationale.

Cela ne veut pas dire que c’est impossible, ni moins encore que ce n’est pas nécessaire ! Cela signifie que les forces à déployer seront d’autant plus importantes. Ces forces qui désirent le changement sont-elles significatives dans votre structure ? Un frémissement se fait-il sentir ? Un basculement est-il en cours ?

Si oui,

alors continuons ensemble notre périple dans le monde du changement interne des structures avec la troisième et avant dernière question.

Si non,

alors c’est le moment de regarder ailleurs. Dans d’autres structures de votre secteur qui se mettent réellement en mouvement – attention quand même au greenwashing et au socialwashing ! – ou peut-être est-ce le moment d’un changement de vie professionnelle vers des alternatives dans d’autres domaines !

3. Est-ce que, moi, je peux faire bouger les lignes dans mon entreprise ?

Troisième question pour celles et ceux qui sont restés avec nous jusque-là ! Vous avez de la chance, vous êtes dans une structure qui mérite d’exister (d’après vous) dans le monde de demain, et qui a le pouvoir de changer pour s’adapter aux défis actuels… Reste une question : et vous dans tout cela ?

Est-ce que je peux peser dans ce changement ? Est-ce que je suis décisif voire indispensable : il n’y a que moi qui peut mener ce changement ? Est-ce que je suis important : ma contribution comptera dans le changement ? Est-ce que je suis utile : j’apporterai ma pierre au changement, mais d’autres y contribueront avec moi ? Est-ce que je serai plus spectateur qu’acteur de ce changement ? Autrement dit, est-ce que si je mets mon énergie dans ma structure, elle sera utile à la transition écologique et solidaire de la société, ou est-ce qu’elle pourrait être mieux employée ailleurs…

Si oui,

votre énergie est bien utile dans votre structure, alors il ne reste plus qu’une dernière question avant de vous lancer (si ce n’est déjà le cas) dans le dur labeur du changement au sein d’une structure existante.

Si non,

vous connaissez la réponse maintenant, d’autres structures du secteur ou d’ailleurs vous attendent pour que votre énergie et vos compétences soient utiles sur les enjeux écologiques ou solidaires.

Il reste une dernière question qui compte encore plus…

4. Que désirez-vous vivre dans votre vie professionnelle ?

Après ces trois questions, nous avons rationnellement identifié s’il était possible d’agir dans notre structure… Cela ne signifie pas que nous en ayons envie ! 

Pour une variété de raisons qui n’appartiennent qu’à nous, nous pouvons avoir le sentiment que rester dans notre structure ne nous permettra pas de nous accomplir, de donner le meilleur de nous-mêmes, de prendre du plaisir au quotidien… Et c’est très important d’écouter cette petite voix qui nous dit que ce n’est pas notre place.

Nous avons coutume dans notre Institut de parler, lorsqu’on accompagne des personnes qui sont en quête d’un engagement pour la transition écologique et solidaire, de la boussole. Cette boussole possède deux aiguilles qui nous indiquent vers où aller

  • La première qui nous dit le sens : ce que nous avons envie d’apporter à la société par nos engagements, notre vie professionnelle, notre vie de famille… 
  • La seconde qui nous dit le goût : ce que nous avons envie de vivre dans notre aventure humaine qu’est notre vie. 

👉 Si vous avez envie de creuser sur ce sujet, retrouvez notre article sur les 5 quêtes du (ré)engagement dans la vie professionnelle. 

Lorsqu’on décide si on doit rester ou partir d’une structure pour agir en faveur d’une société écologique, solidaire et conviviale, tous les arguments rationnels – ceux des trois premières questions – sont nécessaires pour bien choisir. La dernière question, elle, est essentielle. C’est elle qui nous indique si nous aurons assez d’énergie, de courage, de force pour nous engager à contre courant et faire bouger les choses dans notre structure ou à nous plonger dans un nouveau monde pour mettre nos compétences au service de jeunes pousses qui inventent les solutions de demain. 

Nouvelles Voies : un programme pour vous accompagner

Que vous soyez dans la perspective de faire bouger les lignes dans votre structure pour qu’elle agisse en faveur de la transition écologique et solidaire ou que vous soyez sur le départ pour mettre vos compétences au service de la transition, le programme Nouvelles Voies peut vous accompagner, vous former et vous outiller.

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