Valoriste de matériaux du bâtiment

Un métier pivot de la réduction des déchets et du bilan carbone de la construction

Autres mots clés possibles
Animation de matériauthèque | Diagnostic PEMD | Conseil en réemploi | Achat en réemploi

Études nécessaires

Aucune n’est nécessaire pour travailler comme valoriste de matériaux du bâtiment. Des formations sont nécessaires pour certaines missions comme la formation au Diagnostic PEMD ou TRéMa pour devenir technicien ou technicienne du réemploi des matériaux du bâtiment.

Compétences clés

Logistique Gestion de stocks Diagnostic PEMD Commercial Accompagnement

Particularités

Un métier qui allie du partenariat, du commercial, du dialogue avec des acteurs à sensibiliser aux enjeux et de la manipulation de matériaux parfois lourds !

Salaire moyen net (CDI à 35h)

De1500€

À2000€

Volume d’offres sur un bassin d’emploi*

*espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent (Insee)

Plus d’une dizaine par an

DESCRIPTION

Plus de ⅔ des déchets produits en France sont issus du BTP et plus de la moitié d’entre eux ne sont pas valorisés : ils sont enfouis ou incinérés. L’Ademe considère pourtant que 70% de ces matériaux pourraient être réemployés, réutilisés ou recyclés. Le réemploi est devenu un défi décisif pour la transition écologique du secteur du bâtiment, appuyé par une REP (responsabilité élargie du producteur) dédiée aux matériaux de construction.

Réemploi, réutilisation, recyclage : késako ?

Pour éviter qu’un objet ou un matériau devienne un déchet, trois options :

  • Le réemploi qui consiste à s’en servir dans sa fonction initiale. C’est la méthode la plus écologique et économique car elle conserve toutes ses propriétés et évite de mobiliser un objet ou un matériau neuf.
  • La réutilisation qui consiste à conserver la plupart de ses propriétés mais à en avoir un autre usage. Par exemple, utiliser du bois issu du démontage de fenêtres pour créer du mobilier urbain, comme le propose 100 détours.
  • Le recyclage qui consiste à ramener un objet ou un matériau au stade d’une matière première afin de s’en servir pour de nouveaux usages souvent dégradés en termes de qualité et avec un gaspillage d’énergie et de matière. Ce n’est pas une solution miracle comme le rappelle Flore Berlingen dans Recyclage : le grand enfumage.

On retrouve aussi parfois le terme de surcyclage ou upcycling (son équivalent en anglais) qui signifie une réutilisation avec une augmentation de la valeur initiale du produit. Par exemple, réutiliser des chutes de textile industriel pour produire des vêtements de mode comme c’est le cas de créateurs et créatrices de L’Atelier des Nouveaux Design.

Pour produire moins : réemployer plus. 

Si dans les années 60 et 70, la priorité de la gestion des déchets était d’éviter les pollutions que ces derniers provoquaient, avec le dérèglement climatique, la priorité a changé : il s’agit de réduire notre production d’objets et matériaux neufs. Le réemploi s’impose comme une évidence dans tous les secteurs, et le bâtiment (un des premiers émetteurs de gaz à effet de serre) en particulier.

C’est de ce constat que sont nées des jeunes pousses associatives et entrepreneuriales, pionnières du réemploi de matériaux issus de la déconstruction comme Minéka, Made in Past ou encore Bobi Réemploi.

Valoriste de matériaux du bâtiment : témoignage et retour d’expérience

Alliant des missions de conseils, de formations et de gestion des matériaux au sein de sa matériauthèque, Minéka rassemble la diversité des métiers et missions d’une structure généraliste. Rencontre avec Lou, technicienne valoriste de matériaux du bâtiment.

Lou Girodet, Valoriste de matériaux du bâtiment à Mineka

Lou Girodet,
Technicienne valoriste du bâtiment chez Minéka

Propos recueillis par Victoria Lejeune

Quel est ton parcours ?

Après mon bac, je me suis lancée dans une formation en architecture que j’ai arrêtée en deuxième année. Ce n’était pas fait pour moi. J’ai ensuite trouvé un Service Civique à Minéka en mars 2023 et j’ai tout de suite accroché. Ça s’est tellement bien passé qu’à la fin de mon contrat, ils m’ont embauchée. Je vais bientôt passer la formation TRéMa pour devenir technicienne du réemploi des matériaux du bâtiment. J’ai toujours été attirée par le bricolage, l’architecture et l’écologie. Ce métier rassemble parfaitement ces différentes dimensions.

Peux-tu présenter Minéka ?

C’est une association fondée par des architectes qui a pour but de réemployer les matériaux du BTP. Elle se constitue autour de trois pôles : le premier est le diagnostic PEMD, pour Produits Équipements Matériaux Déchets, le but est de définir si les matériaux sont réutilisables. Le deuxième, c’est la collecte. Moi, je suis dans le troisième pôle : la vente à des particuliers ou à des professionnels qui adhèrent à Minéka. L’association est aussi un lieu d’échanges humains : on se partage des conseils et on bricole ensemble.

À quoi ressemble ton quotidien ?

Mon quotidien, c’est gérer les stocks et la collecte : on charge, on décharge et on caractérise les matériaux pour en déterminer la nature. Les jours d’ouverture, je gère la vente et je sensibilise les adhérents au réemploi.

Quel est le sens de ce métier pour toi ?

Quand on se déplace sur des chantiers, on se rend compte de l’ampleur des stocks de matériaux jetés alors qu’ils sont réutilisables. On redonne une seconde vie à ces matériaux tout en évitant le traitement des déchets de construction.

Qu’est ce qui te plait le plus ?

C’est le contact avec les adhérents, on apprend des choses mutuellement. Ils arrivent toujours à trouver des idées insolites pour réutiliser des matériaux banals du BTP ! C’est aussi apprendre de nouvelles choses quotidiennement.

Et le moins ?

C’est la partie physique. J’aime bien, mais c’est la partie la plus dure. On collecte en moyenne 5 tonnes de matériaux par mois à trois. 5 tonnes qu’on a chargées, déchargées puis rangées. Donc en un mois on doit porter 15 tonnes à trois. C’est assez physique.

Comment vois-tu les évolutions de ce métier ?

Je pense que c’est un domaine qui va se développer très rapidement, de par la demande et les réglementations qui changent. C’est aussi un monde de diversité incroyable où de nouveaux métiers restent à inventer.

Virginie FLEAU

Virginie FLEAU

De responsable du développement dans un office HLM à formatrice en réemploi chez Made in Past

Après 20 ans à construire des logements sociaux neufs, cette période s’achève par une rupture conventionnelle au terme de 5 ans de perte de sens. En 2022, je m’engage dans la troisième promotion de Nouvelles Voies avec comme projet de travailler sur le réemploi de matériaux.

Le format est idéal : une année dédiée à mon projet professionnel, mêlant cours théorique et immersion professionnelle, le tout en lien avec la transition écologique. Mon besoin d’agir est enfin comblé, j’ai du temps pour me former sur un sujet qui a du sens et je rencontre de nombreuses personnes qui partagent les mêmes valeurs que moi. Au fil des mois, mon projet se concrétise, se précise, devient une évidence. Au détour d’une mission et avant même la soutenance de mon mémoire, je signe mon contrat chez Made in Past en tant que Responsable du Pôle Formation en réemploi. Aujourd’hui, j’ai créé un programme complet de formations et j’anime ces formations. La transmission de mes savoirs et compétences faisait déjà partie de moi, Nouvelles Voies m’a permis de clarifier mon projet.

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